Présentation de la section « Artistes du Monde Arabe » du Salon d’Automne 2010 par Okasha, artiste et commissaire.

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Présentation de la section « Artistes du Monde Arabe » du Salon d’Automne 2010 par Okasha, artiste et commissaire.

Créations diverses et mouvances d’une géographie de douleurs et d’espoirs

De nos jours, le monde arabe baigne sans doute, dans un tumulte de crises, de bouillonnements, d’insécurité…et même la stabilité parfois apparente, cache une nécessité d’analyse parallèle au témoignage visuel du plasticien d’où qu’il vienne.

L’œuvre de l’artiste plasticien résume souvent les situations bien avant la critique, ce qui confirme sa capacité à voir au-delà du perceptible et du temporel. Ainsi un Egon Schiele, malgré son jeune âge à l’époque, ou un Oscar Kokoschka n’avaient-ils pas peint avant l’heure, le déclin de l’empire austro-hongrois et l’atmosphère pesante d’avant guerre ?

L’artiste est un visionnaire et nous ne pouvons que nous incliner devant l’œuvre de certains d’entre eux dans le monde arabe. Ils sont allés creuser au plus profond de leurs êtres pour déchiffrer les codes d’un contexte socioculturel qui parfois leur échappait. D’autres se sont réfugiés dans la recherche d’une joie ou lumière intérieure pour éclairer l’obscurité d’une réalité lourde. Parmi eux, Omar El Nagdi est considéré comme un maître du genre. Il excelle dans les nuances de bleu qui relie le Nil à sa propre existence ou le rouge qui donne à son œuvre toute sa vivacité ; les dorures reflètent ses origines multiples de l’époque pharaonique, en passant par l’influence de l’ère fatimide et jusqu’à la modernité.

Dr Omar El Nagdi est l’un des maîtres de l’école égyptienne contemporaine depuis les années soixante. Il a obtenu en 2009 le prix Taylor du Salon d’automne et bien d’autres prix prestigieux à travers sa glorieuse carrière artistique. Son œuvre est porteuse d’un monde joyeux que nous avons quelque peu perdu de nos jours, un monde qui existe au fond de l’artiste avec toute sa pureté.

Saad Al Kaabi : IRAK

Un virtuose irakien qui a fait un choix différent et a défini son objectif très tôt. C’est l’un des maîtres de la sensibilité technique et de la créativité. Son œuvre ne ressemble à aucune autre, elle lui est très propre et très reconnaissable. Dans ses toiles les formes s’entremêlent dans une harmonie de couleurs tandis que les traits de ses personnages se fondent et se perdent au profit d’un mouvement intérieur qui interpelle tout spectateur tant les personnages semblent familiers. Ce choix de visages sans traits rassemble sans doute ces personnages dans un contexte où l’être est anéanti par la douleur et l’impuissance. Ces visages étranges proviennent-ils d’une époque assyrienne, musulmane ou autre ? C’est probablement l’époque de Saad Al Kaabi qui possède en lui toutes ces cultures et ces civilisations puisqu’il est originaire de Bagdad qui n’est autre que l’un des berceaux de la civilisation humaine.

Hanan Bahamdan : ARABIE SAOUDITE

C’est une plasticienne saoudienne passionnée de portraits à la Giacometti. Ses visages prennent une connotation orientale locale, des visages représentatifs d’un moyen orient dont elle décrit la souffrance et les aspirations. La dramaturgie qui accompagne ces portraits nous marque par son réalisme. Les visages semblent sortir d’une pièce de théâtre de la vie courante. Ces personnages pourraient très bien, nous rappeler personnes croisées au hasard d’un métro londonien, d’un quartier de Paris, d’une ruelle de Zamālek ou même dans un décor d’un lieu somptueux du Golfe. Cependant cette artiste nous étonne par sa sensibilité à dépeindre l’état émotionnel du modèle sans s’attarder, particulièrement, sur les finitions techniques du portrait, au contraire elle fond dans son ressenti et nous happe dans sa propre émotion. Elle maîtrise parfaitement l’expression du regard qui dérange et interpelle. La tension qui transparaît dans ses portraits, s’évapore dans son œuvre d’ « intérieurs » pour laisser place à une sérénité et un calme qui rappelle son maître, Mohamed Sabry le grand peintre paysagiste. Mais ce calme n’est qu’apparent car Hanan Bahamdan ne peut que fouiller dans les profondeurs de l’émotion. Alors s’impose sa rhétorique des couleurs avec des coups de pinceaux si délicats, au fond de la toile, pour nous emmener vers des espaces oniriques qui nous font oublier toutes les couleurs de l’extérieur.

Il arrive à Hanan de se laisser bercer par la beauté de la nuit qu’elle pose sur une toile comme fond pour un portrait de femme ou d’homme dont les yeux transpercent cette obscurité pour nous envoyer une lueur intense qui nous bouleverse au point où nous ne distinguons plus notre existence de celle du personnage. Nous fusionnons en toute harmonie.

Texte en arabe de Abdelrazek OKASHA
Traduction Naila OUARDI


Les Invités d’honneur
Omar El Nagdi
Saad Al Kaabi
Hanan Bahamdan
Saikha Sinan

PALESTINE

Latifa Youssef

Amira Mannah

Rima Al Mozayen

EGYPTE

Okasha

Wehad Samir

Abeer Hamdi

Alaa Nigm

Hebatullah Khorchid

Fadwa Ramadan

SOUDAN

Rachid Diab

KOWEIT

Saika Sinan

ARABIE SAOUDITE

Hoda el Omar

Mohamad Ablan

Wahib Zabzouk

MAROC

Bouchra Elazhar

Said Affassi

TUNISIE

Omar Ghedamsi

Naila Al Wardi

Amel Ben Hassime

ALGERIE

Assia Imassaoudene

Islam El Nagdi

2010-10-21T09:11:39+00:00