Présentation de la section « Expressionnisme » du Salon d’Automne 2010, par Valérie Denarnaud-Mayer

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Présentation de la section « Expressionnisme » du Salon d’Automne 2010, par Valérie Denarnaud-Mayer

Mais qui sont ces expressionnistes qui s’affichent sur les cimaises de cette salle du Salon d’Automne ?

Sans nul doute les descendants de cette prestigieuse lignée, née au début du XXème siècle en Allemagne, sa terre d’élection. Leur aïeul commun, de la grande famille des –ismes, fut en son temps un précurseur qui voulait rompre avec l’académisme, le naturalisme et tous leurs cousins. Un dissident, le vilain petit canard de la famille, qui criait les souffrances humaines, dénonçait la pauvreté, prenait parti pour les déshérités et s’érigeait contre la joliesse et l’hypocrisie de la bourgeoisie soi-disant bien assise et bien pensante. Il va sans dire que l’expressionnisme fut un mouvement combattant, politique. Pinceaux à charge.

Die Brücke naquit en 1906, réunissant un groupe de peintres allemands (Heckel, Kirchner, Schmidt-Rottluff, Nolde, Pechstein) qui fondèrent leur peinture sur la violence des couleurs et les formes synthétiques afin de mieux exprimer leurs sentiments. En 1911, Der Blaue Reiter fut crée par Kandinsky, Macke, Jawlensky et Marc. D’illustres électrons libres s’associèrent à ces artistes : Kokoshka, Beckmann, Hodler, Otto Dix…

En France, s’il n’y eut pas à proprement parler de mouvement expressionniste ni de cohérence, Matisse, Derain, Vlaminck, Braque, Marquet, Manguin, Camoin, Puy, Rouault… furent baptisés au Salon d’Automne de 1905 Les Fauves. L’explosion fut aussi radicale qu’éphémère. Couleurs pures qui se télescopent, niant tout ton local, touche expressive et véhémente, stridences. Ephémère ? Les Fauves n’ont peut-être pas fini de rugir.

Certes, les considérations politiques et les inquiétudes de l’avant-guerre ne sont plus, mais les moyens plastiques ressurgissent ; lointains échos, mais non des moindres, cent ans après.

Valérie Denarnaud-Mayer

2010-10-21T09:08:57+00:00