Présentation de la section « Figures et Essais » du Salon d’Automne 2010 par Jean-Bernard Pouchous, artiste et commissaire général.

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Présentation de la section « Figures et Essais » du Salon d’Automne 2010 par Jean-Bernard Pouchous, artiste et commissaire général.

FIGURONS nous ce que représente la peinture à huile sur bois (53x65cm) de Jérôme Bosh (1450-1516), intitulée L’Escamoteur ”, ou Le jongleur, ou Le bouffon, ou Le prestidigitateur (1502) exposé au Musée municipal de Saint-Germain-en-Laye. Nous y voyons La pierre de folie tenue entre le pouce et l’index de l’escamoteur qui propose un jeu assimilable au bonneteau dans lequel, les gobelets sur la table en témoignent, il va, par un effet de dextérité manuelle doublé d’une litanie hypnotique, faire disparaître et apparaître cette pierre quand il voudra, où il voudra ( là, quand ), en ayant pris soin de récupérer au préalable l’argent des paris pour gagner sa vie – remarquons au passage que le grugé sera deux fois volé : une fois par l’escamoteur qui engrange la somme du pari, une autre par le coupeur de bourse , un probable complice qui profite de l’état second dans lequel il se trouve en présence du bonimenteur.

ESSAYONS maintenant de psycho-analyser de façon critique cette œuvre. Pour cela transformons L’Escamoteur en représentant de l’institution publique,   le coupeur de bourse en expert exerçant son activité en libérale, ce tour de passe-passe nous permet alors de diagnostiquer dans ce contenu latent la présence d’une pensée magique à savoir que dans les badauds naïfs, il faut voir des amateurs d’art fascinés par l’art en train de se faire. Cette manipulation pré-scientifique transforme ainsi toute pierre philosophale en panacée universelle, en simple placebo contre tous mots (de tête) comme on le fait de l’or (celui qui dure). Cette manière originale d’analyser le monde de l’art viendrait de Freud (1856-1939), autrichien fondateur de la psychanalyse, expert en divan (séduire et le faire payer). Cet érudit était le contemporain du plus illustre escamoteur de tous les temps, Hitler (1889-1945), ce bon à rien  qui échoua par deux fois à l’examen d’entré de l’Académie des Beaux-Arts de Vienne en 1907 et 1908, ce qui, en faisant inconsciemment un mot d’esprit révélateur, le mit en fureur (séduire et frapper).

L’éloge de la Folie dirait Erasme (1466-1536)

Jean-Bernard Pouchous

2010-10-21T09:08:01+00:00