Présentation de la section « Figuration » (peinture) du Salon d’Automne (12-16 octobre 2011 sur les Champs-Elysées) par Pierre Eychart.

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Présentation de la section « Figuration » (peinture) du Salon d’Automne (12-16 octobre 2011 sur les Champs-Elysées) par Pierre Eychart.

À Propos du sens de l’art

« Je vous disais donc qu’il y a plusieurs réalismes, c’est d’abord une question d’impression que l’on reçoit de tel où tel sujet. Une main, un regard, un ciel procurent des impressions divergentes alors que tout est lié par un fonds commun qui n’empêche pas des conclusions diverses, surtout sur le plan idéologique et affectif. Or il existe une fragilité des choses qui accentue leur fugacité. Bien sûr, un des buts de l’Art est d’essayer de les faire perdurer. Mais comment et pourquoi? Il faut donc témoigner de cette fragilité qui est celle d’un moment particulier. Etre en capacité de le signifier était pour Vinci et Van Gogh considéré comme une « apparition ».La pensée réaliste ne consiste donc pas à figer mais à fixer un moment qui laisse entrevoir les autres moments comme les choses et les actes eux-mêmes le font naturellement par rapport au temps. Le socle de l’Art est donc bien une lutte contre cette marche du temps et demeure alors inachevable.
Dans la société actuelle où la majorité des activités productrices est de plus en plus financiarisée, la question du sens de l’existence est évacuée. C’est pourquoi l’Art en posant cette question, donc celle du sens des actes de notre vie, reste essentiellement contestataire. En vérité « la catastrophe est d’avoir remplacé la cité par la maison » (Aristophane, qui expliquait aussi que « le tragique est d’être né »).Si l’Art dénonce le fait « d’avoir remplacé la cité par la maison » c’est afin de résoudre ce problème et dans ce cas il n’a qu’une fonction historique dont on ne peut se passer et qui le justifie pleinement. Dans l’autre cas, celui du « tragique de la naissance », la problématique n’est pas du même ordre, elle ne peut connaître de solution. Convoqué in fine à ce sujet l’Art ne peut participer à sa résolution car en fait elle n’existe pas. Et au risque de me répéter ce sujet inachevable demeure récurrent. Or pour tenter malgré tout d’en faire une oeuvre, vu sa complexité, il faut des connaissances esthétiques infinies en rapport avec l’infini de cette question. Se trouve ainsi souligné le problème de notre apparition dans le monde car à travers le temps, comme l’affirmaient Vinci et Van Gogh, nous ne faisons qu’apparaître. Comment pour l’artiste, révéler cette apparition à travers la fixité d’une image ? »

Pierre EYCHART

Peintre
Président de la section « Figuration»

Extraits de correspondances à Richard Bucaille, conservateur.

2011-09-04T16:06:13+00:00