« Billet d’humeur sur le monde de l’art » par Jean-Bernard POUCHOUS, Vice-président du Salon d’Automne

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« Billet d’humeur sur le monde de l’art » par Jean-Bernard POUCHOUS, Vice-président du Salon d’Automne

Jean-Bernard POUCHOUS à Pékin, invité d'honneur du Salon d'Automne en Chine (2012)Jean-Bernard POUCHOUS à Pékin, invité d’honneur du Salon d’Automne en Chine (2012)

« Dans l’esprit du célèbre pamphlétaire Zo d’Axa (1864-1930), j’offre ce petit billet d’humeur sur « Le monde de l’art » à mes amis artistes du Salon d’Automne 2014.

Les révolutions artistiques qui s’imposent à nous chronologiquement tels que : Le maniérisme (1520 – 1580), Le baroque (1580 – ), Le classicisme (1660 – 1715), Le rococo (1730 – 1760), Le néoclassicisme (1750 – 1830), Le romantisme (1770 – 1850), Art and craft (1860 – 1910), Le symbolisme ( 1866 – ), Arts incohérents (1886 – 1896), L’art nouveau (1890 – 1905), Le sillon (1893 – 1904), Luminisme (1904 – ), Le futurisme (1904 – 1920), L’expressionnisme (1908-), L’art performance (1914 – ), Le dadaïsme (1916 – 1920), Le constructivisme (1917 – 1930), Le surréalisme (1924 – 1966), l’Expressionnisme abstrait (1940-), L’art brut (1945 – ), Cobra (1948 – 1951), Happening (1950 – ), Le pop art (1955 – ), Le nouveau réalisme (1960 – 1970), L’Art urbain (1960 – ), Figuration narrative (1960 – ), L’art conceptuel (1965 – 1975), Fluxus (1961 – 1970), Le mail-art (1962 – ), Art vidéo (1963 – ), Nouvelle figuration (1964 – ), Art and language (1970 – ), L’art sociologique (1971 – ), Le postmodernisme (1977 – ), Art singulier (1978 – ), Figuration libre (1981 – ), L’Art modeste (1988 – ), sont-elles des mobilisations sociales réussies ?

Tout autodidacte ou « BAC + 10 », affirme de façon péremptoire, que les réputations des artistes se forment à partir de consensus provisoires et révisables. La définition de l’art lui-même et de ses limites serait historiquement arbitraire. Depuis 50 ans cette idéologie psycho-sociologique domine et nous montre toute œuvre comme empreinte des multiples décisions et interprétations qui font du « monde de l’art » tout entier son « auteur ». Elle apparaît ainsi dans le mouvement de sa genèse matérielle et cognitive. Les faits et les valeurs constitutifs de la réalité de l’art changeraient donc graduellement et radicalement, comme se modifieraient les réseaux et les conventions dont ils émaneraient. Ils seraient le produit de cette action collective !

Quid de l’inspiration, du senti, de l’être ?

Quant à l’artiste en tant qu’auteur, il n’agirait que sur la base de conventions communes qui s’incarneraient dans des savoirs, des techniques, des habitudes de travail, des catégories de perception … Très utile, cette perle rare mobiliserait ainsi de façon altruiste, des fabricants de matériels, des collaborateurs, des intermédiaires diffusant l’œuvre, des critiques et des théoriciens, des fonctionnaires pour soutenir ou censurer l’activité créatrice, des publics enfin qu’ils soient contemporains ou à venir. Cet artiste se réfère  quant même à quelques ancêtres/créateurs du passé ou de son temps. Il serait au centre d’une constellation de coopérations en chaîne liant tous ceux qui, à des titres divers, concourraient à l’existence de l’œuvre. La production de toute œuvre serait donc une action collective, qu’il s’agisse d’arts-plastiques, de musique, de photographie, de cinéma ou de littérature.

Littérature justement, sur le ton néo-scientifique des publications justificatives de revenus universitaires typique du XXème siècle, faite pour légitimer doctement un marquage territorial, un revenu socio-économique, une empreinte générationnelle, sur le thème : « le monde de l’art reflète la société dans son ensemble. »

Le tour est joué ! La place est prise !

Un cache misère pourtant …

NON ! L’art ne peut être approché avec les mêmes termes et avec les mêmes outils méthodologiques que n’importe quel autre domaine d’activité.

Dans ce « monde de l’art » là, tout tient en 4 gros mots : « individuellement », « collectivement », « les gens » et « processus » (pour ne pas dire procédure).

« On » est un « con » ! (Citation inconnue)

Le « pronom indéfini neutre » est « vulgarité ».

Si « les gens » (indéfini neutre) de ces gens là, se disposent à agir sur la base des significations des objets que comprend le monde :

1- L’association « des gens » prend nécessairement la forme d’un « processus » dans lequel ils s’adressent mutuellement des indications et les interprètent : les actes sociaux, sont alors construits selon un « processus » dans lequel les acteurs notent, interprètent et évaluent les situations auxquelles ils font face ;

2- Les relations et enchaînements complexes d’actes dont sont faits les organisations, les institutions, la division du travail, et les réseaux d’interdépendance seraient choses mouvantes et non statiques.

Alors pourquoi ce désir actuel individuel et collectif de « développement durable » ?

Le poète n’est plus seul, il a disparu (dans une masse indéfinie et neutre).

3- Les individus, orientent, contrôlent, infléchissent et modifient chacun leur ligne d’action à la lumière de ce qu’ils trouvent dans les actions d’autrui. Alors rien n’est donc déterminé et l’interactionnisme caractériserait intellectuellement les formes d’action collective par leur plasticité et leur perméabilité au changement…

Tout deviendrait possible à tout un chacun !

Pour « les gens », pris « individuellement » ou « collectivement », « le monde de l’art » pourrait durablement se développer ; ce ne serait qu’une question de « processus ».

Je ne veux pas être un « processus » ! Je veux comme Alphonse Gallaud de la Pérouse, dit Zo d’Axa : « Vivre pour l’heure présente, hors le mirage des sociétés futures ; vivre et palper cette existence dans le plaisir hautain de la bataille sociale. C’est plus qu’un état d’esprit : c’est une manière d’être – et tout de suite. » (L’En dehors, 1892).

Voilà pourquoi, les révolutions artistiques qui se sont imposées malgré nous ne sont pas et ne seront jamais des mobilisations sociales réussies ! »

 

Jean-Bernard POUCHOUS

Artiste, Vice-président de la Société du Salon d’Automne, Président de la section Figures et Essais

2014-05-28T10:25:25+00:00