Jacques Villeglé, parrain du Salon d’Automne 2017

« Les salons, et en particulier celui d’Automne qui a traversé plusieurs générations, permettent de regrouper en toute liberté les artistes hors de toutes les contraintes de la société. »
Jacques Villeglé, parrain du Salon d’Automne 2017

Jacques Villeglé, né à Quimper en 1926, a commencé en 1947, à Saint-Malo, une collecte d’objets trouvés: fils d’acier, déchets du mur de l’Atlantique… Releveur de traces de civilisation, et plus particulièrement lorsqu’elles sont anonymes, il a réuni à partir de 1969 un alphabet sociopolitique en hommage au Professeur S. Tchakhotine, auteur en 1939 de Le Viol des foules par la propagande politique.

« Jacques Villeglé développe son alphabet socio-politique depuis les années 1970. Par ce procédé, il reprend les symboles politiques, religieux ou ésotériques qui ont marqué la France et l’Europe depuis l’après-guerre et ont façonné l’histoire contemporaine. Cet alphabet lui a été inspiré par la vue d’un graffiti dans le métro en 1969 qui reprenait le nom du président américain Nixon avec des signes politiques, et par la lecture du Viol des foules par la propagande politique de Serge Tchackhotine de 1939, qui démontre la force du symbole dans la rue. En parcourant la ville, Villeglé collecte des symboles variés qu’il adapte pour former une typographie originale. Ces signes sont ainsi rassemblés en un alphabet lui permettant d’écrire des expressions ou des citations. Elles se déploient sur divers supports tels que des affiches, des sculptures, ou plus généralement en de grandes peintures réalisées au pochoir sur les sols ou les murs de la ville. Toutefois, l’artiste n’exprime pas ses propres revendications politiques ou religieuses : il se définit plutôt comme un « archéologue des rues ». Cet alphabet constitue un langage qui s’adresse à toutes les générations, où chacun peut se reconnaître et ainsi participer à cette mémoire collective. Villeglé tient à s’effacer derrière la collectivité et à laisser la parole à la foule des créateurs anonymes de la rue. » Maëva Le Petit et Clémence Raccah, Élèves de l’École du Louvre

 

2017-08-09T15:21:14+00:00