Le Salon d’Automne dans les pays arabes

Arabie Saoudite - Ryadh

Pris entre la pensée des deux plus importants avant-gardistes du monde de la création artistique et à travers leurs nobles objectifs, nous avons ressenti le besoin d’apprendre à chercher du nouveau qu’on puisse présenter au monde arabe, et qui soit susceptible de réaliser le rêve d’un dialogue en perpétuel renouveau, un dialogue qui permet de se relayer avec l’autre par le biais du social et du littéraire; un dialogue de civilisation qui respecte l’authenticité et défend l’identité.

Le salon d’automne est, comme le dit Noël Coret, le salon du dialogue, de la défense de l’identité et de l’ouverture perpétuel sur l’autre à travers un espace visuel; le destinataire y côtoie les expériences créatives les plus prestigieuses dans une espace optant pour le tableau de peinture et le support, et prenant ses distances face à l’illusion des oeuvres quasi-modernistes en vogue dans le monde arabe ces derniers temps.

Par effet rétroactif et en écho à ce qui s’est passé en Europe…., la salon de l’automne qui a accueilli , les expériences de Picasso, Matisse, Cézanne, Bonnard, Giacometti, Brancusi, Renoir, Bruni et bien d’autres parmi les plus célèbres artistes d’Europe, ouvre aujourd’hui ses portes de nouveau pour dialoguer avec des artistes arabes de Riyadh à Paris dans le cadre de la défense de la peinture artistique.

Après s’être ouvert sur le Caire durant deux années consécutives, voilà que se présente pour nos artistes arabes et français également une occasion de faire connaissance, de conjuguer leurs performances artistiques et intellectuelles, de rehausser la moyenne de leurs aptitudes visuelles, sous le ciel de ce forum de qualité que l’artiste Huda Al Omar a incrusté de ses précieuses joyaux en vue de vaincre toutes les difficultés et d’ouvrir grandes ouvertes les portes de la coopération entre l’un des plus grands salons d’Europe et les artistes de renommée d’Arabie. Huda affirme de la sorte son adhésion à l’escadron de ceux qui oeuvrent pour l’instauration d’un dialogue de qualité avec l’autre en tant que membres de la société civile. Et son côté, Noël Coret a vite répondu favorablement et sans hésiter à l’invitation d’appel, tout autant que l’auteur de ces quelques lignes.

Ce Forum réaffirme d’autre part l’importance de la modernisation sereine pour la construction sociale en faveur de l’humanité et de la création.

Aussi, est-il impérieux de remercier les deux parties en France et dans le monde arabe qui ont contribué à jeter des ponts pour la construction desquels j’œuvre depuis mon séjour à Paris il y a 17 ans, rêvant alors que j’étais dans le train qui me transportait de mon village à destination du Caire, de réaliser quelque chose de sérieux et de tangible pour mon pays de façon particulière et pour le monde arabe de façon générale. Ma présence au salon d’automne en tant que membre du conseil d’administration était une bonne occasion pour réaliser mon rêve de faire connaître à l’occident les artistes de qualité du monde arabe et de permettre à nos artistes de voir de près ce qui se passe en Europe.

Je pense que depuis ma tentative d’établir une galerie d’art en 1993 à Paris pour exposer les œuvres d’art arabe ou en tant qu’artiste, critique d’art et conseiller auprès de nombreux salons en Occident et en Afrique du Nord, ou bien à travers mon long carrière qui m’a permis de remporter de nombreux prix internationaux, j’ai essayé avec une grande attention, volonté et persévérance de proposer un projet de dialogue créatif entre les Arabes et l’Autre en occident, invoquant Dieu d’avoir eu droit au succès.

Merci à tous.

Abdelrazak Okasha